Fille de joie.

Publié par Marginal07 le 22/1/2010 (7211 lus)
Cette histoire date de plusieurs années déjà, ça s’est passé au début de mon adolescence.
Nous habitions ma famille et moi dans une petite ville en Abitibi.
La mentalité des gens était très religieuse, surtout chez les gens d’un certain âge.
Notre quartier était plutôt tranquille, presque tout le monde se connaissait.
Puis un jour une nouvelle voisine vint s’installer dans le quartier.
Elle avait aménagée dans un appartement pas très loin de la maison familiale.
On disait selon les rumeurs que cette jeune femme venait de la grande ville et pour employer le terme.. “Ç’était une femme de petite vertu.”
J’entendais souvent les commères du voisinage parler contre elle avec beaucoup de mépris.
Moi je la trouvais plutôt jolie et souvent par la fenêtre de ma chambre, je la regardais passer.. Elle portait de hauts talons, on entendait aussi l’écho de ses pas.
Je dois admettre que cet éveil de ma puberté éveillait de nouveaux désirs et cette femme je la trouvais affriolante.
Au bout de quelques semaines, je sentais qu’elle n’était vraiment pas la bienvenue ici.
Les propos blessants lancés par ces vieilles chipies sois disant vertueuses et très religieuses
m’intriguaient beaucoup. Je prenais sa défense.
Elle ne semblait pas méchante, au contraire très discrète et polie.
Un jour j’ai entendu la mère d’un de mes amis dire au téléphone en parlant d’elle de méchants propos..
“Cette maudite putain change d’homme à tous les soirs, je vais en parler au curé”..
Puis j’ai observé sans me faire remarquer ses allers et venus..
Le soir elle sortait très rarement..
Puis j’ai remarqué que selon les soirs différents hommes allaient chez elle, certains revenaient 2 soirs par semaine.
Je trouvais ça bizarre, mais je ne la jugeais pas, ¸¸Ça m’intriguait au contraire.
Puis un jour alors que je revenais de l’école je l’ai croisée par hasard..
Elle portait des sacs d’épicerie qui semblaient très lourds pour elle.
Avec audace je lui ai demandé si je pouvais l’aider..
Elle m’a souri gracieusement en riant..
Bien sur m’a t elle dit..
J’ai pris un de ses sacs et je l’ai accompagnée jusque chez elle.
Elle me fit entrer puis me demanda de déposer le sac sur la table.
Elle m’invita à m’asseoir et m’offrit un jus d’orange.
Elle dégageait un de ses parfums!
Cet odeur empreint de volupté excitait mes sens les plus profonds.
Je voyais cette femme un peu comme une fleur mature dans son plus bel éclat de beauté.
Comme enivré par cet odeur si sensuelle je frémissais dans tout mon corps ..
Cette femme éveillait en moi un nouveau désir..
Puis je me suis ressaisi sortant de cette rêverie passagère.
Son appartement était remplie de poupées de porcelaine, de nounours en pluche et plein de babioles, surtout de petits bibelots ornaient aussi ses meubles.
Je l’observais déballer ses achats..
J’étais très timide je l’avoue.
Elle m’a demandé si j’aimais l’école, ce que je voulais faire dans la vie.
On a bavardé une quinzaine de minute..
Entre-temps elle serrait contre elle un ourson en pluche qu’elle semblait beaucoup affectionner.
À mes yeux je la voyais un peu comme une femme-enfant.
En me voyant sourire elle me dit que ce nounours était un souvenir de sa soeur jumelle décédée il y a quelques années.
Je ne savais que dire..
J’ai décidé alors de repartir.
Elle m’embrassa tendrement sur la joue.
Mais ce qu’il était délicieux ce baiser!
Ce qui pour elle était un geste routinier, ce baiser avait une toute autre signification pour moi.il avait éveillé dans le plus profond de mon être un sentiment nouveau tellement différent de mes anciennes amourettes d'écolier.

Je ressentais un amour profond pour cette femme pourtant beaucoup plus âgée que moi.
Étai-ce illusoire, ce sentiment m’envahissait de plus en plus..
Son nom était “Sophie Larochelle”
Ce nom désormais était si doux à mon coeur.
J’ai voulu la revoir mais toujours elle semblait m’ignorer, j’étais pour elle un ado..
Comment pouvait elle deviner la profondeur des sentiments que j’éprouvais pour elle?
Puis un jour de Novembre survint ce drame qui durant des années m’a bouleversé.
Des sirènes un soir me firent sursauter.
Je sortis dehors pour voir ce qui se passait.
Devant l’appartement de mademoiselle Larochelle il y avait une ambulance et des policiers.
J’ai couru pour voir ce qui se passait.
Les ambulanciers ont sorti un corps couché sur une civière et recouvert d’un drap.
On venait d’assassiner Sophie Larochelle.
On avait arrêté aussi le meutrier qui en sanglotant manifestait ses regrets.
Il l’avait étranglée à cause de sa jalousie possessive.

Deux jours plus tard je suis allé au salon funéraire lui rendre un dernier hommage.
Je cachais ma douleur, personne ne connaissait mes sentiments cachés pour cette femme.
Il y avait environ dix personnes dont ces hommes qui venaient chez elle le soir.

Elle était vêtue d’une robe noire qui lui allait très bien..
Elle était aussi belle que de son vivant..
Je touchai sa main, elle était si froide..
Il fallait que je m’en aille c’en était trop pour moi.
J’embrassai sa joue et je suis reparti avec la certitude que jamais la vie ne va flétrir une si jolie fleur.
Je chéris encore cet amour, même après tant d’années.
Son souvenir ne m’a jamais quitté..
Son parfum qui jadis avait embaumé mon coeur ne me quittera jamais.
Tout comme son sourire..
Je garde d’elle dans ce jardin de ma vie un souvenir impérissable.
Jamais elle ne va faner, car l’amour est éternel.

Marginal07
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