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Décembre.. La plus longue nuit.

Publié par Marginal07 le 5/12/2009 (2755 lus)
Décembre, mois magique où la nuit est à son équinoxe le plus long.
Dans le pénombre du jour, le soleil cligne de l’oeil plutôt qu’à l’habitude et dans la profondeur de la nuit, il devient une étoile parmi tant d’autres.
Ce matin, à l’aube du nouveau jour, une poudrerie s’abattait sur ma ville.
En regardant par la fenêtre tous ces bancs de neige qui s’accumulaient, je décidai d’aller dans le parc situé près de chez moi.
Malgré ce temps froid et maussade je ressentais dans tout mon être une douce chaleur.
En confrontant cette tempête de neige, je me sentais euphorique et transporté dans un autre monde.
Ah! Que j’aime voir neiger tous ces cristaux glacés qui sous diverses formes effleuraient mon imagination de mille et une fantaisies.
En marchant dans la tempête, je me sentais ravi et heureux de recevoir sur ma tête tous ces confettis du ciel.
En regardant la nature, j’avais l’impression que le temps s’était arrêté...
Comme si une résurrection prochaine allait la retransformer à nouveau.
Les arbres dénudés de leurs feuilles semblaient morts ou à l’agonie.
Dans mon âme et conscience, j’avais la conviction que cette mort apparente ne serait que de courte durée.
La mort d’ailleurs n’est qu’une métamorphose même pour nous les humains.
Un jour tous les morts revivront dans une autre dimension la suite de leurs plus rêves engendrés sur cette terre d’où nous sommes tous issus.
En observant ce climat de désolation, j’ai plongé dans mes plus beaux souvenirs d’été.
Je me suis rappelé qu’il y a quelques mois à peine, ce parc était un jardin fleurissant bourdonnant de milliers de vies.
Toutes les fleurs que j’ai contemplées l’été dernier sont décédées.
Je me consolais en me disant que dans la terre leurs semences dorment sous la neige.
Elles attendent ardemment la délivrance de ce cercueil de verre qui les retiennent dans la mort.
À leur image et à leur ressemblance ces fleurs refleuriront à nouveau.
Imprégné de leur deuil je me sentais malgré tout rassuré.
Puis c’est alors que j’ai observé ce chêne immense qui se dressait fièrement au beau milieu du parc.
J’ai soudainement ressenti ses angoisses les plus profondes.
En jonchant de mes pas tous ces cadavres feuillus entremêlés dans la neige, j’ai alors compris la douleur de cet arbre qui lui-même les avait engendrées.
Mais je savais dans mon coeur que son deuil serait de courte durée.
Au-travers ses branches asséché de sève il gardait au plus profond de ses racines protégé par la neige une chaleur suffisante pour les féconder à nouveau.
Ce chêne ne savait pas mourir..
Son coeur de père malgré toutes les giboulées de l’hiver imaginait déjà de belles retrouvailles.
De branche en branche, de bourgeon en bourgeon, timidement abasourdi par le froid il préparait déjà le retour de ses enfants disparus.
Ah! Quelle leçon j’avais appris de cet arbre aujourd’hui.
J’étais moi aussi issu d’un arbre généalogique qui avait prospéré depuis plusieurs générations.
J’aurais tant voulu connaître tous mes ancêtres..
Mes oncles, mes tantes, mes cousins et cousines qui comme moi ont habités ce même arbre d’où j’ai vu le jour.
Ils sont tous morts aujourd’hui emportés comme des feuilles à l’automne..
En ce matin d’hiver, j’ai compris que la vie toujours survivra à la mort.
En revenant chez moi, je me sentais riche de connaissances et de profondes émotions.
Jamais cette saison ne m’avait parue aussi belle..
marginal07
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