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Mon père m'est apparu.(2)

Publié par Marginal07 le 22/11/2009 (1085 lus)
(Moi l'enfant prodique.)

Toutes ces graines débordaient de mes mains, je ne pouvais pas toutes les contenir..

Quelques unes m’ont échappé en se cachant dans le sol.

Dans les terres les plus arides de mon coeur, je souhaitais retrouver l’harmonie et la paix.

Puis alors le jour même, je me suis mis au travail.

J’ai planté une à une toutes ces semences en laissant à chacune un petit espace.

Les jours suivants, je les ai arrosées avec beaucoup d’amour.

J’ai sarclé le terrain de chacune d’elle pour qu’elle respire plus facilement.

Puis entre Juillet et Août elles se sont pointées une à une.

Elles semblaient si différentes l’une de l’autre.

Elles vivaient en paix, ça m’ impressionnais.

Aucune de ces fleurs n’envahissait le terrain de sa voisine.

J’étais très ému de les voir prospérer et mélanger leur espèce avec tant d’amour.

J’eus alors l’impression que toutes ces fleurs étaient mes propres enfants.

Car j’étais leur jardinier et elles ne dépendaient que de moi.

Elles étaient si belles et ravissantes.

Il fallait bien que quelqu’un s’occupe d’elles.

En regardant leur frêle petite tige qui s’émancipait vers la lumière, je les couvraient souvent de mon ombre en plein midi,

Je ne voulais surtout pas qu’elles soient brûlées par ces rayons du soleil beaucoup trop chauds pour elles.

J’embrassais souvent ces petits pétales nouveaux-nés et comme une maman qui allaite ses enfants, je leur donnais à chacune un peu d’eau pour les rafraîchir.

Au-travers toutes ces tendres tiges florissantes et aimantes, je ressentais souvent une certaine affection venant de leur part.

À leurs yeux, j’étais un Dieu, car oui j’étais leur seul et unique jardinier.

En se pointant comme ça hors de cette terre boueuse d’où elles étaient issues, elles rêvaient déjà de leur propre identité.

Il leur avait fallu beaucoup de courage avant de trouver enfin le chemin vers la lumière.

Leurs racines ont contourné de nombreux obstacles..

Cailloux, insectes, chaleur trop intense..

Lorsque je les arrosaient chaque matin, elles explosaient de bonheur.

Dans la transparence de leurs plus beaux rêves, déjà elles se transformaient sous l’allure de jolies fleurs qui s’ouvraient enfin à la vie.

Sous diverses formes sans cesse elles apparaissaient sous mon regard ébloui et émerveillé.

Leurs parfums amalgamés éveillait en moi une douce et profonde passion.

Ah! Que je les aiment toutes ces fleurs dans leurs diversités.

Aujourd’hui une à une je leur parle, elles semblent si heureuses..

Je console les plus tristes d’entre elles en caressant du bout de mes doigts leurs tendres pétales.

Je reçois alors de ces fleurs ses spasmes de leur parfum qui m’envahit jusqu’à l’âme..

Je me sens alors transporté vers un autre monde.

Hier matin seul mais heureux, j’ai contemplé mon jardin.

Il s’étendait jusqu’à l’horizon.

Mon champ fleurissait enfin et j’avais réalisé le voeu de mon père.

J’en étais fier et aussi j’avais retrouvé le goût de vivre.

Ma vie avait enfin un sens.

Puis c’est alors que derrière moi ce vieillard à la barbe blanche est réapparu.

Il m’a serré dans ses bras et à son tour il a pleuré sur mon épaule.

En relevant la tête, il m’a regardé droit dans les yeux en me disant..

“Je suis fier de toi mon fils. ”

Et c’est alors qu’il fut transfiguré devant moi.

Son visage est devenu lumineux, sa barbe avait disparue.

Immédiatement, j’ai reconnu dans le visage de cet homme les traits de mon papa.

J’étais ému, je pleurais de joie et de tristesse en même temps.

C’est toi papa? Lui ais-je demandé.

“Oui! ”..M'a-il répondu brièvement.

Sa voix semblait amplifiée comme un écho dans la montagne.

Son regard enflammé d’amour m’hypnotisait..

J’en avais même perdu la notion du temps.

En me souriant, il m’a dit..

“Je peux partir en paix maintenant, je suis fier de toi mon fils. ”

Puis il a disparu comme s’il avait été aspiré par un éclair.

Après cet événement peu ordinaire, j’avais l’esprit en paix.

Je savais désormais que mon cher papa était heureux au paradis, je me sentais enfin digne d’être son fils.

Je continue encore à cultiver mon jardin et à chaque année j’ai l’impression que ce jardin de fleurs veut s’étendre sur toute la planète.

marginal07
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